Tea in Korea : quels thés boit-on en Corée ? 

Thés coréens achetés au K-Mart de Paris - ©Chloé Chateau

Thés coréens achetés au K-Mart de Paris – ©Chloé Chateau

Le mot « thé » en Corée ne désigne pas forcément les feuilles de Camellia sinensis, comme en Chine ou au Japon. Alors, que boit-on en Corée ? 

On trouve des références historiques au thé en Corée à partir de 661, lorsque du thé a été offert à l’esprit du Roi Suro, fondateur légendaire du royaume de Geumgwan Gaya, qui deviendra bien plus tard la Corée. D’autres références sont faites durant le règne de la dynastie Goryeo (918-1392) qui montrent qu’on offrait du thé aux esprits des moines dans les temples boudhistes. Enfin, sous le règne de la dynastie Joseon (1392-1910), la famille royale et l’aristocratie utilisaient le thé lors de rituels simples réservés pour les occasions spéciales. Vers la fin de cette dynastie, les roturiers joignirent la tendance et se mirent à utiliser le thé lors de rites ancestraux, rejoignant ainsi les coutumes chinoises.

Le thé fait de feuilles de théier (Camellia sinensis) s’appelle en Corée nok cha. Mais le mot « thé » désigne en Corée bien d’autres formes d’infusions, qu’elles soient préparées à base de racines, de fruits, de feuilles ou encore de graines. Ces infusions peuvent se boire chaudes ou froides, parfois les deux.

Important: cette liste est loin d’être exhaustive, il s’agit juste de donner quelques exemples des thés les plus bus en Corée du Sud. Par ailleurs, les applications médicinales ne sont pas prouvées. Il s’agit d’effets constatés avec le temps dans la médecine traditionnelle coréenne. Enfin, les orthographes ici proposées sont celles que j’ai trouvées sur Wikipedia. Souvent phonétiques, elles peuvent être différentes de celles trouvées sur d’autres sites. Pour se procurer ces thés et infusions en France il faut soit se rendre sur Internet (mais malheureusement les sites ne sont pas toujours clairs) ou bien dans des épiceries coréennes, comme K-Mart à Paris. On peut toutefois trouver certaines infusions en gelée (yuzu, gingembre et aloé vera) chez Natures & Découvertes. 

Infusions de feuilles : 

Nok cha : c’est la forme de thé vert la plus commune en Corée. Il s’agit de thé à proprement parler, c’est-à-dire de feuilles de théier, alias Camellia sinensis (le même thé qui est récolté en Chine, au Japon ou encore au Kenya, par exemple). On y boit généralement des thés verts « jeunes » de la saison, des thés fraîchement récoltés, contrairement à la Chine et au Japon où l’on peut laisser « vieillir » certains crus, comme on le ferait avec des bouteilles de vin. Le thé vert est souvent mélangé à des graines de thé torréfié, comme cela est fait au Japon avec le Genmaicha. On trouve du Nok Cha chez Le Cha-Hû-Thé à 8,95€ les 100g.

Bbongnip cha : infusion de feuilles de mûrier séchées. Les feuilles de mûrier sont utilisées pour leurs propriétés thérapeutiques astringentes et sont préconisées en cas de diarrhées, mais aussi pour soigner divers troubles menstruels ou des irritations de la bouche et de la gorge.

Ilsulcha : infusion de feuilles d’hortensia séchées. Ce « thé » aurait des capacités médicinales, notamment en tant que produit antiallergique naturel.

Pakha cha : infusion de feuilles de menthe poivrée séchées. L’efficacité de la menthe n’est plus à démontrer en cas de troubles digestifs. C’est pourquoi la menthe poivrée serait également efficace en cas de constipation ou de diarrhée. Elle a également des effets diurétiques et peut apaiser toux et rhumes.

Infusions de racines : 

Insam cha : ce « thé » est fait à partir de la racine du ginseng, fraîche, séchée ou cuit à la vapeur. On fait cuire le ginseng pendant quelques heures et on peut ensuite ajouter un peu de sucre ou du miel. Cette infusion est dite bonne pour donner de l’énergie, notamment pour les gens qui tombent souvent malades l’hiver.

Saenggang cha : infusion de racine de gingembre, lavée et découpée sans être pelée, avant d’être placée dans un bocal avec du miel pendant quelques semaines. Pour préparer le « thé », on place un peu de cette « confiture » dans une tasse avant d’ajouter de l’eau bouillante. Dans la médecine traditionnelle coréenne, le gingembre est bon pour éviter les rhumes et aider la digestion. Il peut également aider les gens qui ont une température corporelle basse en améliorant la circulation du sang.

Dunggulle cha : « thé » préparé à base de racines du Sceau de Salomon (Solomon’s Seal en anglais). Cette plante de la famille du muguet, qui pousse facilement dans nos régions, peut être utilisées de plusieurs façons mais il ne faut pas en manger les baies, qui sont toxiques. Le Sceau de Salomon aurait des vertus médicinales, notamment adoucissantes et cicatrisantes. Elle serait également bonne dans le traitement de l’insomnie, ainsi que pour les soins corporels (on en trouve d’ailleurs des crèmes), pour obtenir une belle peau, par exemple.

Infusions de fruits : 

Yujacha : thé préparé avec le yuzu, un agrume proche du citron (c’est d’ailleurs souvent la traduction qui en est faite bien que le yuzu ne soit pas identique à notre citron). On prépare une sorte de confiture qu’on place dans un pot hermétique pendant un mois environ. Puis, on prépare le thé en mettant une cuillerée de cette confiture dans une tasse avant de la mélanger avec de l’eau bouillante. Le yuzu est bon pour prévenir les rhumes en hiver et ce thé se boit chaud.

Daechucha : infusion préparée à base de jujube de la même façon que celle à base de yuzu. Le jujube, aussi connu sous le nom de datte chinoise, est utilisée dans la médecine traditionnelle asiatique comme anti-fongique, anti-bactérien, anti-ulcère, anti-inflammatoire, antioxydant et plein d’autres trucs très chouettes.

Infusions de graines : 

Bori cha : infusion de graines d’orge (barley en anglais) torréfiées. On trouve du thé d’orge torréfié japonais chez Mille et une tasse (14,60€ les 100g).

Oksusu cha : infusion de maïs grillé.

Hyeonmi cha : infusion de grains de riz torréfiés.

Yulmucha : Thé des larmes de Job, ou Job’s tears tea en anglais, cette infusion est faite à partir de diverses graines et noix, dont des pignons de pin, réduites en poudre. Elle se boit chaude mélangée à de l’eau bouillante, notamment en hiver comme on boirait un chocolat chaud.