L’histoire du thé #2 : les légendes sur l’origine du thé

Selon les légendes, ce serait soit le prince-moine bouddhiste Bodhi Dharma soit l'empereur Shennong qui serait à l'origine du thé - DR

Selon les légendes, ce serait soit le prince-moine bouddhiste Bodhi Dharma soit l’empereur Shennong qui serait à l’origine du thé – DR

Le thé est la deuxième boisson la plus bue au monde, après l’eau. Normal, donc, que ses origines se parent de mystères et aient été sujettes à la création de légendes. 

Chine

Si Le Classique du thé de Lu Yu fut le tout premier ouvrage dédié au thé (de sa production à sa dégustation), c’est un autre traité – de phytothérapie, cette fois – qui évoque la légende chinoise de l’origine du thé. Selon Shennong banco jing, c’est en 2737 avant notre ère que ses propriétés gustatives ont été découvertes. Selon la légende, l’empereur Shennong avait fait bouillir de l’eau et l’avait mise dans une jarre pour se désaltérer. Un coup de vent détacha quelques feuilles de l’arbre sous lequel il se trouvait et les feuilles, qui n’étaient autre que des feuilles de théier, tombèrent dans sa jarre d’eau chaude. Par curiosité, Shennong décida de goûter le breuvage et l’apprécia. Le thé était né et cette infusion chaude se généralisa rapidement.

On trouve une variante de cette légende qui veut que l’empereur, ayant testé toutes les plantes de l’univers, aurait ingéré par une erreur une plante soporifique alors qu’il se reposait sous un théier. Une feuille se serait alors détachée de cet arbre et il l’aurait mâchée avant de découvrir ses vertus stimulantes.

Inde

En Inde, une toute autre légende attribue l’invention du thé à Bodhi-Dharma, troisième fils du roi Kosjuwo. Devenu moine bouddhiste, le prince, se sentit touché par la grâce et décida de quitter l’Inde pour aller prêcher les préceptes de Bouddha en Chine, où il fonda l’école Chan. Il fit alors vœu de ne pas dormir pendant les neuf années que devaient durer sa mission. Pourtant, vers la fin de la troisième année, il faillit succomber au sommeil lorsqu’il cueillit par hasard des feuilles de théier qu’il mordit machinalement. Les vertus tonifiantes du thé firent immédiatement effet. Le moine reprit du poil de la bête et continua de mâcher des feuilles de thé pendant les six dernières années de son périple.

Japon

Au Japon une version différente de la légende indienne circule : après trois années sans dormir, Bodhi-Darma succomba au sommeil. À son réveil, il fut tellement furieux contre lui-même qu’il se découpa les paupières et les jeta par terre. Quelques années plus tard, en repassant à cet endroit, il découvrit qu’elles avaient donné naissance à un arbuste inconnu jusqu’alors du moins. Après en avoir goûté les feuilles, Bodhi-Darma se rendit compte qu’elles avaient la propriété de chasser le sommeil. Il prit alors l’habitude de cultiver le thé aux endroits où il passait et d’en parler autour de lui.

Au-delà des légendes

Si on ne dispose pas de données extrêmement précises dans ce domaine, il est toutefois plus probable que le thé soit apparu en Chine (probablement dans la région située aux confins de la Birmanie, du Nord-Viêt-Nam et du Yunnan), sous la dynastie des Han de l’Ouest (206 av. J.-C – 24) et que sa consommation se soit développée en premier chez les Chinois.

Des récipients à thés de cette époque ont en effet été découverts et des textes en font mention, comme un texte de Wang Bao en 59 av. J.-C. qui mentionne des serviteurs allant chercher des caisses de thé. À l’origine, le thé était utilisé pour parfumer de l’eau que l’on faisait bouillir avant de la boire. Il était apprécié pour ses vertus thérapeutiques – on considérait notamment qu’il soulageait la fatigue et ranimait la vue. Sous la dynastie des Han de l’Est (25 – 220), le thé devient une boisson quotidienne.