Un océan de moutons aqueux de coton

Nuages vus du ciel - ©Chloé Chateau

Nuages vus du ciel – ©Chloé Chateau

J’ai toujours adoré regarder les nuages en avion, les prendre en photos, ces petits moutons blancs que l’on survole à une vitesse qui semble si infime. Ils ressemblent à de moelleux coussins faits pour les anges, une étendue infinie de moquette ô so fluffy qui donne envie de s’y jeter en toute confiance.

Ce qui serait une très mauvaise idée, bien sûr. Car parfois la couverture de nuages s’affine et se troue de façon éparse, quand elle ne disparaît pas complètement pour laisser voir ce qu’elle cache : parfois des champs, des maisons, mais souvent de l’eau, une grande étendue d’eau à perte de vue si l’on traverse un océan.

Quand on traverse la Manche, on croit parfois apercevoir au loin de petits morceaux de terre, sans être toujours bien sûr de ce que l’on voit vraiment. J’aime moins quand la couche de nuages prend fin juste sous l’avion, comme une falaise abrupte au bas de laquelle on craint alors d’être précipité.

Je préfère que le tapis s’étende sous moi et en voir la fin au loin. Parfois, un voile de nuages vole à notre niveau, tel une douce écharpe qu’on a envie d’attraper et d’enrouler autour de son cou et qui ferait un peu d’ombre au tapis ensoleillé des anges. Les nuages, c’est un peu comme la mer : toujours changeant, plein de vagues et de bosses.

À la différence que personne ne me demanderait jamais de plonger dans une mer de nuages. Alors que dans la vraie mer, si. Tout le temps. Cela étonne toujours beaucoup les gens que je n’aime pas me baigner dans la mer avec les poissons. Et ça n’étonnerait personne que je n’aie pas très envie de plonger dans un océan de nuages, alors que cela me semble bien plus agréable.

En vrai, je sais bien que dans les nuages, c’est loin d’être aussi calme que ça en a l’air de l’extérieur. Dehors, c’est tout fait de boules moelleuses qui invitent à la sieste et dedans c’est plutôt réunion générale des gouttes de pluie et des éclairs sur le départ pour la terre. N’empêche, vu d’en haut, encore plus que d’en bas, les nuages semblent doux et magiques.