L’Histoire du thé #5 : la Boston Tea Party

The Boston Tea Party by W.D. Cooper - 1789

The Boston Tea Party by W.D. Cooper – 1789

Qui aurait cru que le thé deviendrait le symbole de l’indépendance d’un pays envers un autre ? C’est pourtant ce que fut la Boston Tea Party en 1773, lorsque les treize colonies d’Amérique se rebellèrent contre le Parlement britannique en jetant des cargaisons de thé par-dessus bord à Boston.

Context historique

Grâce à la promulgation du Stamp Act (1765) et des Townshend Acts (1767) la Grande Bretagne pouvait taxer les treize colonies américaines, ce qui était mal perçu par ces dernières du fait qu’elles n’étaient pas représentées au Parlement de Westminster et avaient décidé de faire valoir le principe selon lequel un territoire non représenté ne pouvait pas être taxé (no taxation without representation).

Or, en 1768, le royaume britannique était confronté à de lourds problèmes de trésorerie et le roi George III décida d’augmenter fortement les taxes imputées aux colonies. C’est à ce moment que le thé, un des produits les plus taxés, devint un symbole de la discorde qui opposait la métropole et ses colonies.

Un boycott fut organisé en Amérique sur le thé de Chine vendu par la Compagnie anglaise des Indes orientales dont les ventes passèrent de 145.000 à 240 kg. Cela mit la Compagnie dans une très mauvaise posture puisque, à partir de 1773, elle se retrouva avec d’énormes dettes et stocks de thé impossibles à écouler à cause de la contrebande. C’est le moment que choisit le gouvernement britannique pour faire passer le Tea Act qui autorisait la Compagnie à vendre du thé aux colonies sans payer les taxes (et lui permettait donc de le vendre moins cher que les contrebandiers mais provoqua ainsi la ruine des marchands indépendants et la colère des colons). À New York on milite alors pour les libertés commerciales américaines et les marins qui tentent de débarquer le thé sont passés au supplice du goudron et des plumes.

Une représentation de la Boston Tea Party de 1773

Une représentation de la Boston Tea Party de 1773

La Boston Tea Party

Ce furent au total six navires qui arrivèrent dans les ports des colonies en décembre 1773 : un à New York, un à Philadelphie et trois à Boston. Les colons empêchèrent les cargaisons d’être débarquées et les bateaux durent repartir vers l’Angleterre avec tout leur thé, sauf ceux qui avaient jeté l’ancre à Boston, où le gouverneur Thomas Hutchinson interdit aux bateaux de repartir avant d’avoir déchargé leur cargaison.

Le 16 décembre 1773, une soixantaine de colons de Boston nommés Les Fils de la Liberté grimpèrent à bord du Dartmouth, de l’Eleanor et du Beaver, habillés comme des Amérindiens de la tribu des Mohawks, qui provoquaient la peur à cette époque. Une heure durant (entre 18 et 19 heures), il ouvrirent, silencieusement, les tonneaux et jetèrent 342 caisses de thé par-dessus bord. Rien ne fut volé ou détruit intentionnellement, hormis les 45 tonnes de thé.

Conséquences

Cet événement suscita différentes réactions. Si Benjamin Franklin, par exemple, maintint que le thé détruit devait être remboursé (il proposa même de le faire avec son propre argent), le gouvernement britannique répliqua en fermant le port de Boston.

La Boston Tea Party reste néanmoins l’un des événements importants, symboliquement parlant, de la révolution américaine, annonçant la guerre d’indépendance.