Saint-Valentin : découvrez les thés écœurants dont vous boirez une demi-tasse max

Les thés de la Saint-Valentin - DR

Les thés de la Saint-Valentin – DR

Brace yourselves, Valentine’s Day is coming!, avec son lot de thés écœurants et mielleux à souhait. Selon leur degré d’implication, les marques nous servent du neuf ou du réchauffé histoire de vraiment manger à tous les râteliers. 

Si la Saint-Valentin et et son lot d’horreurs commerciales n’est pas votre tasse de thé, vous avez cliqué sur le bon article. On avait déjà les thés de Noël, les thés de Pâques, les thés de fête des mères (un peu moins pour les pères, le thé restant apparemment en France une boisson plutôt féminine, à en croire le design des emballages et pubs)… et voilà maintenant qu’on devrait aussi se coltiner les thés de la Saint-Valentin. De toutes les choses à fêter j’ai toujours trouvé que la Saint-Valentin était la pire.

(Avant que vous ne veniez me poser la question ou vous faire votre idée tout seuls, oui, je suis actuellement célibataire. Mais ça n’a pas toujours été le cas et toute en couple que j’aie pu être ces dernières années, je n’ai jamais pu supporter la Saint-Valentin que je trouve ignoble à tous points de vue. Maintenant que cela est réglé, on peut continuer.)

Mais bien sûr, niveau marketing, la Saint-Valentin et son lot de décorations rouges et roses affreuses c’est vraiment le top. Et ce qu’il y a de bien avec la Saint-Valentin, c’est que ça se décline à tous les niveaux. Faut être gourmand, faut être choupinou, donc faut acheter des trucs spéciaux pour la Saint-Valentin (qu’on ne portera/boira/mangera/utilisera/achètera jamais le reste de l’année). J’en profite pour vous informer aimablement que si votre amoureux(se) a besoin d’occasions aussi « spéciales » que la Saint-Valentin (ou votre anniversaire ou Noël, d’ailleurs) pour vous offrir des fleurs, des chocolats ou n’importe quel autre cadeau, alors vous feriez bien de changer bien vite au lieu d’aller vous enfermer avec dans une salle de restaurant bondée de câlineurs dégoulinants le soir du 14 février. Mais je m’égare. Quel rapport avec le thé, me demanderez-vous ?

Création ou réchauffé ? C’est le jeu du Valentine’s Day Tea

Le rapport, c’est que toutes nos marques de thé préférées – comme toutes les marques de tout hein, c’est pas restrictif aux marques de thé – s’abaissent évidemment chaque année au jeu du Valentine’s Day tea. Là où ça devient vraiment drôle, c’est que si certaines marques créent carrément des thés spéciaux pour l’occasion (Fortnum & Mason, Dalreoch, Whittard of Chelsea, Twinings, George Cannon…) d’autres se contentent de servir du réchauffé (un peu comme les plats industriels Métro que vous allez vous enfiler le 14 au soir) en revoyant vite fait la recette ou l’emballage, voire en se contentant de mettre en avant n’importe quel thé du moment qu’on trouve le mot « amour » dans son nom (Betjeman & Barton, TWG) ou qu’on peut lui trouver un vague rapport avec l’amour (comme Tea Palace qui ne s’embête franchement pas et met en avant sur son site en ce moment son infusion de boutons de roses).

Et moi, tout ce cirque, ça me désole franchement. Oui, je sais que j’ai fait tout un article il y a peu sur le thé de la Saint-Valentin de Fortnum dans la rubrique « Nouveau-thés ». Mais je n’avais pas réfléchi au fait que toutes les marques allaient s’y mettre et qu’on serait submergés par autant de Valentine’s Day teas. Parce que ces marques (la liste n’est pas exhaustive, loin de là, je me suis contentée de jeter un œil sur les sites de mes marques préférées), que j’affectionne ailleurs particulièrement – prenez Fortnum pour laquelle j’ai une admiration et un amour réels et inconditionnels, ou Betjeman & Barton, que j’ai découvert en ouvrant mon salon de thé et pour laquelle j’ai eu un vrai coup de foudre – n’ont vraiment pas besoin de ça pour séduire, et encore moins pour vendre. Prenez George Cannon et ses thés si merveilleux : si j’adore l’idée de créer des thés parfumés à l’occasion d’expositions ou événement spéciaux, quels besoin a cette marque d’aller se vautrer dans la vente facile deux jours par an ? Et n’allez pas non plus essayer de me faire croire que Palais des thés ou Mariage Frères font le quart de leur chiffre d’affaire durant la première moitié de février chaque année.

D’autant que l’idée d’un thé de la Saint-Valentin me semble finalement assez incohérente. Prenez l’exemple des thés de Noël : le thé de Noël, on l’achète, on le boit pendant un mois ou deux, tant qu’il fait froid, et on le ressort l’année d’après à la même saison parce que… bah parce que c’est de saison et que c’est sympa à partager (Noël, partage, tout ça). Alors que le seul intérêt de la Saint-Valentin, c’est de vendre. Autrement dit, le thé de la Saint-Valentin n’a d’intérêt que s’il est offert. Bien sûr que vous pouvez collectionner les thés de Noël et en acheter trois différents chaque année, mais le thé de la Saint-Valentin ? Il n’a l’intérêt que d’être un cadeau. Et un cadeau de Saint-Valentin, ça a l’inconvénient de devoir être fait à nouveau chaque année. Et puis bon, c’est un peu tendu quand même de sortir à vos copines célibataires qui font l’effort de venir vous voir en banlieue votre thé de la Saint-Valentin. Y’en a qui risquent de mal le prendre.

Quand thé de la Saint-Valentin rime avec écœurant

Et alors ne lancez pas sur le sujet des parfums des thés de la Saint-Valentin. Ah tiens, trop tard. Parce que sérieusement ? Toutes les boites sont roses et/ou rouges (à l’exception de certaines marques, comme Fortnum, par exemple, qui garde sa boîte iconique) et dedans on trouve quoi ? De la rose, bien sûr (Fortnum, Dalreoch, Twinings, Tea Palace, Comptoirs Richard, Christine Dattner, George Cannon… quelle originalité !), des fruits rouges, notamment de la fraise ou de la fraise des bois (Christine Dattner, Comptoirs Richard, George Cannon, Whittard of Chelsea, Twinings, Betjeman & Barton, …), du chocolat ou du cacao (Whittard of Chelsea, George Cannon, …).

Vous aurez sûrement remarqué que certaines marques cumulent (mention spéciale à George Cannon et son Thé mon amour avec sa liste d’ingrédients façon « on a raclé les fonds de tiroirs et on vous a collé tous les restes » : « un thé oolong de Chine aux arômes vanille, orchidée, orange, rose, cardamone, gingembre, fraise, poire, violette et miel auxquels s’ajoutent des morceaux de fraise lyophilisée, des gousses de vanille, du gingembre, des écorces d’orange, des grués de cacao, des petits cœurs en sucre, des pétales de bleuet, de violette et de rose. »). Ça vous écœure ? C’est normal, je crois bien que c’est secrètement fait pour. Par souci d’équité, je tiens tout de même à mentionner le Mon Amour Tea, mis en avant par TWG pour l’occasion, et dont la composition change un peu de tous les mélanges fruités/fleuris des autres marques : thé noir, bourgeons jaunes et coing, « le fruit sacré de la déesse de l’amour, Aphrodite ». Si à ce stade je n’ai pas réussi à vous dégoûter totalement des thés de la Saint-Valentin, alors au moins, limitez la casse et choisissez l’originalité de TWG.

NB : De façon générale, je n’ai pas l’écriture flatteuse. Si je n’écris que des gentillesses, c’est parce que je ne parle que de ce qui me plaît – si je me tais au sujet d’un thé, c’est probablement parce que je ne l’ai pas aimé et que je ne vois pas l’intérêt d’écrire un article méchant gratuitement. Mais comme là je râle après les marques et que tout le monde en prend pour son grade et pas une marque ou un thé en particulier, je me suis lâchée un peu. Ceci dit, vous noterez que si j’ai illustré ce billet d’humeur au moins des visuels des divers thés que je vilipende juste au-dessus, je ne vous ai pas hypocritement donné les liens quand même. Si vous avez TOUJOURS envie d’un thé de la Saint-Valentin : 1) je me demande bien ce que vous faites à lire ce NB, en toute logique vous auriez dû quitter cet article il y a un moment et 2) vous avez probablement Google et devriez savoir vous en servir. Sur ce, bonne soirée à tous ! 🙂