The Tea Loot : shopping de thé du Tea Market de Shenzhen

 

Fin février je me suis rendue à Shenzhen, en Chine, pour une mission d’interprétariat. J’ai profité de quelques heures de libres pour me rendre au Tea Market et acheter un peu de thé et une théière en argile de Yixing. Petit compte-rendu. 

Grande amoureuse du thé, il était impossible pour moi de ne pas profiter de ce tout premier voyage en Chine pour rapporter du thé. La mission que je m’étais fixée était de rapporter une théière en argile de Yixing, que l’on utilise pour faire infuser les thés pu-erh et oolong, ainsi que des thés originaux – par originaux, comprenez que je pensais à des thés que je ne connaissais pas déjà. Malgré la barrière de la langue (j’ai bien dû rester deux heures dans la petite boutique de Tianyuan Chahing au Tea Market) on a réussi à se comprendre et je suis rentrée en France avec une théière, une tablette de Pu-erh de 1998, du thé noir et du thé oolong, avec les noms gribouillés dans les notes de mon iPhone. En gros, je ne savais pas vraiment ce que j’achetais – hormis les couleurs, bien sûr. Ce n’est qu’après avoir pas mal trifouillé l’Internet que j’ai retrouvé les noms occidentaux des thés que j’ai rapportés.

Un pu-erh de 1998 et une théière en argile de Yixing

Une de mes cousines, qui a vécu à Hong Kong pendant deux ans, y avait découvert le pu-erh, ce thé fermenté au goût très distinctif (qui se trouve accessoirement être le thé préféré de l’écrivain Jérôme Attal). C’était une jolie galette mais je n’avais aucune idée de comment le préparer. Je voulais donc mettre à profit mon voyage en Chine pour en rapporter la théière adéquate, en terre de Yixing – une terre récoltée dans la ville éponyme dans la province du Jiangsu en Chine – et les explications qui me manquaient, ainsi qu’un pu-erh âgé car je soupçonnais que le mien devait être plutôt récent.

Malheureusement je n’ai pas pu avoir plus de précisions que ça sur « mon » pu-erh, mais pour tout le reste, ça s’est passé comme prévu. J’ai rapporté une tablette de pu-erh Lao Shan Da Ye* de 1998 et la théière tant convoitée et ai pu filmer la charmante jeune femme qui m’a patiemment fait goûter je ne sais combien de thés en train de préparer la potion magique.

Un oolong et un thé noir légèrement fumé

Les deux autres thés que j’ai rapportés sont un oolong peu oxydé et un thé noir légèrement fumé. Ceux-là ont été assez difficiles à retrouver. Le oolong est un Gao Shan Sha (thé des hautes montagnes de Taïwan, récolté à plus de 1000 mètres) et le thé noir du Zheng Shan Xiao Zhong. Souvent confondu avec du Lapsang Souchong, ce dernier, autrefois réservé à l’élite, est un thé noir de la région de Fujian récolté sur les Monts Wuyi et légèrement fumé durant l’oxydation du thé, contrairement au Lapsang Souchong, préparé avec du thé noir déjà oxydé que l’on fume ensuite et qui a un goût beaucoup plus prononcé.

Dans le sac, TianYuan Chahing a également glissé des échantillons de thé oolong Tie Guan Yin, un thé que je connaissais déjà et qui fait d’ailleurs partie de la carte du Tearoom, ainsi que des échantillons de thé noir Jin Jun Mei, ou « Sourcil doré ». En recherchant plus d’informations sur ce dernier, j’ai appris, grâce au site de Palais des thés qu’il s’agit d’un thé du Yunnan qui peut atteindre des prix très élevés. « Pour 500 g de Jin Jun Mei, on estime qu’il faut en moyenne récolter environ 50 000 pousses ! Un fermier pouvant récolter en moyenne 2 000 bourgeons par jour, il faut donc une vingtaine de fermiers pour élaborer une telle quantité de thé en une journée, ceci expliquant en partie son coût élevé », précise Palais des thés. « La récolte, d’une précision absolue, est réalisée à la main et seuls les bourgeons duveteux dorés sont ramassés. Les théiers récoltés pour sa production poussent entre 1500 et 1800 mètres d’altitude, dans une atmosphère humide, où le soleil est filtré par une brume permanente. Dans ces conditions, les théiers restent petits et très concentrés en huiles aromatiques. A la dégustation du Jin Jun Mei, ce sont d’abord les arômes cuir, vanillés, fruits compotés et épicées qui se démarquent. Au fil des infusions se dégagent ensuite des notes cacao et tabac qui persistent en longueur. » Bref, tout un programme que j’ai hâte de déguster dans mon plus beau zhong. Et attention, spoiler, tous ces thés seront très sûrement à déguster lors de la prochaine Cheese & Tea Party du Tearoom (plus d’informations à venir très bientôt).

* L’orthographe est incertaine, si vous connaissez ce thé ou avez plus de précisions dessus, contactez-moi pour m’en dire plus !

SHENZHEN TEA MARKET
48 Wenbin 1st Rd
Shenzhen, Guangdong
China