Thé comme t’es #11 : Marine Sonié de Dammann Frères

Marine Sonié - Tea Buyer Dammann Frères - DR/Dammann Frères

Marine Sonié – Tea Buyer Dammann Frères – DR/Dammann Frères

C’est au retour de son dernier voyage en Chine que Marine Sonié, Tea Buyer des thés de Chine, du Japon et de Corée, a raconté la relation particulière qu’elle a avec le thé (heureusement qu’elle et Emmanuel Jumeau-Lafond nous ont dit que leur métier de Tea Buyer ne les amenait pas à voyager « tant que ça », hein ! 😉 ). 

« Mes thés préférés sont ceux dotés d’une texture veloutée et enveloppante, intéressante, avec une longueur en bouche persistante, comme les thés blancs (particulièrement le Yin Zhen) et les Sencha Japonais, à la fois rafraîchissants et réconfortants et avec une longueur en bouche comparable à celle d’une tomate cerise qui a longuement mûri au soleil. Et même si aujourd’hui mon cœur penche plutôt pour les thés d’origine, j’ai également une préférence, côté parfumé, pour le thé goût russe Douchka, car  il me rappelle mon enfance. C’est le thé que mon grand-père buvait lorsque j’étais petite et j’en achetais tous les six mois durant mes études, en vrac, par poches de 500 grammes. 

« J’ai toujours bu beaucoup, beaucoup de thé et l’idée d’en faire mon métier, à savoir l’achat du thé et sa dégustation, ne m’avait pas effleuré l’esprit avant de travailler sur mon sujet de fin d’études. C’est en effet pour terminer mes études d’ingénieur agronome en Australie que j’ai choisi de mener un travail de recherches sur ‘L’Impact de la quantité d’engrais et du climat sur le taux de catéchine et de caféine dans le thé’ (car après un travail de bibliographie, j’ai pu constater que certains critères étaient établis pour mesurer la qualité du thé selon les taux de catéchine et caféine). Ce sujet me fût déconseillé par l’équipe universitaire, à cause de sa complexité et des difficultés que j’aurais à financer mes recherches. J’ai pourtant persisté et un producteur du nord du Queensland, Sybie (dont le business principal était la canne à sucre et les chevaux, mais qui cultivait du thé sur 60 hectares parce qu’il trouvait cela ‘intéressant’) m’a ‘prêté’ un hectare de son terrain où il faisait pousser de l’Assamica pour que je puisse réaliser mes tests ! À force de persévérance mais aussi grâce à des rencontres humaines providentielles, j’ai réussi à me faire prêter tout le matériel nécessaire à mes analyses (produits, matériel, machine HPLC). C’est avec acharnement que j’ai mené mon travail de recherche pendant 10 mois, me levant vers 3-4 heures du matin pour récolter mes échantillons de thé, travaillant sur mon projet sept jours sur sept. Il me fallait me faire ouvrir les portes de l’université le dimanche pour travailler sur mes analyses (et il ne fallait surtout pas je sorte du bâtiment sinon je ne pouvais plus rentrer !). Aujourd’hui, je vis également ma passion pour le thé en suivant des cours de japonais et de ‘Chanoyu’ (cérémonie du thé japonais matcha). Et pour mes 30 ans, j’ai même reçu un cadeau exceptionnel de la part de mes collègues de Dammann Frères :  un kimono confectionné maison ! »