Thé comme t’es #12 : Emmanuel Jumeau-Lafond de Dammann Frères

Emmanuel Jumeau-Lafond de Dammann Frères- ©DR/Dammann Frères

Emmanuel Jumeau-Lafond de Dammann Frères- ©DR/Dammann Frères

C’est avec attention qu’Emmanuel Jumeau-Lafond, acheteur et Tea Blender chez Dammann Frères, a répondu aux questions de Somewhere Over the Teapot sur sa relation avec le thé, boisson qui, dès son enfance, a pris une place de plus en plus importante dans sa vie grâce à son grand-père Jean et son père Jacques. Les réponses d’Emmanuel Jumeau-Lafond nous livrent une nouvelle facette de l’ADN de Dammann Frères, la transmission exceptionnelle de la passion pour le thé sur un modèle patriarcal bienveillant, le regard tourné vers le monde, avec l’apprentissage de l’anglais très tôt, pour pouvoir partir à la découverte de nouveaux arômes au-delà des différences culturelles des pays producteurs de thés. Nous pouvons lire dans les réponses d’Emmanuel Jumeau-Lafond un profond respect et une reconnaissante sincère du savoir transmis par son père et son grand-père.

« Mes thés préférés sont, naturellement, les Darjeeling 1st Flush car mon apprentissage du monde du thé avec mon père a démarré avec ces thés.  Puis, égoïstement, j’aime beaucoup le mélange Place des Vosges que j’ai créé à la demande de Didier pour l’ouverture de la toute première boutique Dammann Frères à Paris, en 2008. J’affectionne également de plus en plus les thés Oolong pour leurs palettes aromatiques variées en fonction de leur degré d’oxydation. Enfin, c’est en hiver que je consomme ma ‘madeleine de Proust’. C’est toujours un plaisir de déguster le Christmas Tea, le produit le plus vendu de la marque, créé par papa, avec ses notes gourmandes d’orange et d’ananas, de caramel et de marasquin, un régal chaleureux.

« Mon histoire avec le thé a vraiment commencé en 1984. C’est pendant mes vacances de Pâques en Bretagne que mon grand-père Jean m’a initié au thé avec des Darjeeling et des Keemun. Les premières séances de dégustation avec papa m’ont ensuite conduit à découvrir, au travers de Darjeeling 1st Flush bien plus verts qu’aujourd’hui, les difficultés liées à la dégustation. Apprendre à ne pas ‘saturer’ au bout de trois lots lorsqu’il y en a une trentaine à déguster. C’est ensuite la thématique du voyage qui s’est imposée comme une évidence, l’évocation de l’Inde particulièrement. Mon premier voyage en Inde au début des années 1990 fût un choc culturel et émotionnel, avec la découverte de contrastes entre ‘Moyen-Age’ et modernité (je me souviens notamment d’un voyage en train de nuit épique !), mais également celle du Taj Mahal, du fleuve sacré, le Gange, de la misère très présente, de villes poussiéreuses et mêlées d’odeurs d’encens divers… mais aussi du calme reposant et émerveillant des plantations de thé de Darjeeling ! »