Photos : retrouvailles avec Édimbourg

Promenade à Édimbourg - ©Chloé Chateau

Promenade à Édimbourg – ©Chloé Chateau

 

En novembre dernier, j’ai profité de mon voyage d’un mois en Grande-Bretagne pour faire plusieurs escapades. La deuxième, en Écosse, a duré huit jours et a débuté avec deux nuits à Édimbourg, une ville sublime dont je suis tombée amoureuse la première fois que je l’ai vue. Retour en photos sur ces retrouvailles. Lots of food pics inside – you’ve been warned. 

Grosso modo, lors de mon mois grand-breton, j’ai passé les semaines à Londres, histoire de faire une cure de théâtre, et les week-ends ailleurs, pour renouer avec la nature et tout plein d’autres bonnes choses. La première de ces escapades, m’emmena sur l’île de Man. Pour la deuxième, un week-end n’aurait su suffire : depuis toujours je voulais visiter un peu l’Écosse, et notamment l’île de Skye. J’étais par ailleurs tombée sous le charme d’Édimbourg que j’avais rapidement découverte avec ma sœur lorsqu’elle était en Erasmus à Durham et j’avais très envie d’y retourner.

Je suis donc partie le lundi en train de Londres pour arriver en début de soirée (il faisait déjà nuit noire) à Édimbourg, plateforme 9 3/4 (bon OK, pas tout à fait, mais presque). Il faisait froid et j’étais fatiguée du trajet alors je suis sortie me promener un peu mais je n’ai pas pris énormément de photos (parce qu’il faisait froid et que je n’avais pas envie de retirer mes gants). Grâce à mes hôtes Airb’n’b, j’ai découvert le quartier de Tollcross, génial pour ses restaurants et c’est là que j’ai décidé de dîner. On m’avait conseillé plusieurs adresses, que je n’ai évidemment pas pu toutes tester mais The Blackbird, sur Home St., avec ses plats traditionnels faits maison, me faisait particulièrement envie.

Dinner at The Blackbird

La serveuse, qui était nouvelle, s’est mise en quatre pour répondre à mes questions et a été parfaite. Elle ne m’a même pas grondée quand j’ai refusé une bière pour lui préférer un Breakfast tea (Suki tea, une marque équitable), qui est servi en vrac dans une jolie théière, avec un filtre. Comme il faisait ultra froid et que j’avais la bouche gelée (j’arrivais même plus à parler, c’est dire), j’ai choisi un de mes plats préférés, un truc qui réchauffe bien et qui devrait vous dire quelque chose si vous étiez client du Tearoom, la Blackbird Steak Pie (une tourte à la viande de bœuf avec une pâte feuilletée maison extraordinaire – j’en ai rarement mangé une aussi bonne) avec ses frites, maison aussi (£13.95). Le tout était chaud bouillant, alors j’ai attendu un peu que ça refroidisse en mangeant la pâte feuilletée d’une main et en envoyant des messages de l’autre (parce qu’il y a évidemment le wifi gratuit). Truc de fou : alors qu’en France il devient apparemment de plus en plus difficile de trouver de la crème fraîche dans les cuisines de restaurants, là on n’a même pas sourcillé quand j’en ai demandé pour manger avec mes frites et on me l’a apportée prestement (ce qui fut une constante, d’ailleurs, de tout ce voyage. Alors qu’il y a 9 ans, quand j’y habitais, je ne pouvais pas avoir une pizza base crème, maintenant il y a de la crème partout. Le paradis).

C’était copieux, mais il y avait un Pecan Crumble sur la carte des desserts qui me faisait bien trop envie pour que je fasse la petite joueuse (sucre roux, pomme à la cannelle, glace à la clotted cream, £5.95). Et pour ceux qui voudraient faire du mauvais esprit, je vous arrête de suite : oui, j’ai bien mangé en Écosse, non, je ne me suis rien refusé, mais j’ai passé mes journées à marcher alors qu’il faisait au mieux 2°C et au moins mieux -5°C, donc non seulement il fallait compenser, mais en plus en revenant en France début décembre j’avais maigri. Oui, parfaitement, en me nourrissant de frites et de burgers trois fois par semaine et en ne happant jamais le fromage ni le dessert. Alors ça suffit. Après ce bon dîner, j’ai bravé le froid pour rentrer me coucher (le soleil se couchait vers 16h, il fallait donc se lever tôt pour profiter de la lumière du jour).

Lunch at The Elephant House, « Birth place of Harry Potter »

Le lendemain, j’ai un peu dormi quand même et quand je me suis levée et que je suis sortie pour petit-déjeuner. Je savais déjà où je voulais aller. The Elephant House, THE adresse à ne pas manquer quand on est, comme moi, une fan inconditionnelle d’Harry Potter. Daphné m’y avait emmenée et on y était même retournées le soir de cette première visite à Édimbourg, à ma demande. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est là que J.K. Rowling a écrit une bonne partie de la saga Harry Potter. C’est joli et agréable, décoré avec des éléphants partout et la maison fait des shortbreads en forme d’éléphant aussi. Et depuis que le monde a été conquis par les sorciers de J.K. Rowling, les toilettes ont été conquises par ses fans. Les murs sont désormais recouverts de messages et de citations (si vous n’aimes pas encore arrivés au bout de la saga, vous voudrez peut-être éviter de regarder les détails des photos, pour ne pas vous faire spoiler). Même le plafond a été attaqué. Après une douche bien chaude je me suis donc rendue à l’Elephant House d’un pas d’autant plus alerte que mon Airb’n’b était à deux pas. En plus j’étais si ravie de retrouver enfin un de mes endroits préférés d’Édimbourg – la façon parfaite de commencer cette journée, pas vrai ? Non, pas vrai. En fait, je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé mais la qualité de la nourriture et du service n’a plus rien à voir avec ce que j’ai connu il y a quelques années seulement. Il n’y a même plus le wifi gratuit, c’est dire. Je commençai donc ma journée sans même pouvoir Instagramer mon petit-déjeuner, c’est dire.

En guise de petit-déjeuner, comme je suis arrivée un poil trop tard pour la formule breakfast, je me suis rabattue sur la Chicken Pie. En théorie, une petite tourte au poulet, donc. Sauf qu’il n’y avait que quatre petits morceaux de poulet dans une boule de pâte feuilletée grosse comme mon poing (la photo de la tourte éventrée a été prise quand je l’ai ouverte). La purée qui l’accompagnait n’était pas bonne. En dessert j’avais pris la tarte aux pommes. Elle était gelée, la pâte n’était pas assez cuite et les pommes comme crues et dures. Quand au shortbread en forme d’éléphant, il était bof. Je ne regrette pas de l’avoir pris car son prix (£1) est reversé à une association caritative mais je regrette tout le reste en revanche. Même le service était mauvais. J’hésitais à prendre la gravy avec ma tourte mais la serveuse a refusé d’aller vérifier s’il y avait de la tomate (que je ne peux pas manger) et donc j’ai juste dû m’en passer, sans que ça émeuve personne. Bref, une énorme déception. It looks like The Elephant House has traded quality for fame. Cela dit, pour les fans, la visite reste incontournable si on n’y est jamais allé, rien que pour s’asseoir là où J.K. Rowling a elle aussi posé ses fesses il y a des années maintenant.

L’ascension du Arthur’s Seat

Après ce déjeuner raté, je suis partie directement vers Arthur’s Seat. Alors là on a un affreux malentendu, vous voyez. Moi je croyais que j’allais escalader la petite colline mignonne dont je ne me souvenais plus du nom et que j’avais grimpée avec Daphné la première fois. On monte gentiment et on admire la vue au pied de quelques ruines. L’ascension est facile et agréable et surtout rapide. Or je ne me souvenais plus du nom de ladite colline (si vous ne voulez pas faire la même erreur que moi, il s’agit de Calton Hill) et j’ai cru, à grand tort, donc, qu’il s’agissait du Arthur’s Seat.

Alors au début je me suis bien dit que je ne reconnaissais pas le chemin, mais comme je suis nulle en orientation et aussi en mémoire, je me suis répondu à moi-même que c’était peut-être mon cerveau qui me jouait des tours ou que j’avais tout simplement pris un chemin différent. Bref, la montée a été dure, longue, lente et périlleuse. Si comme moi vous avez peur du vide, évitez cette grimpette si vous êtes en solo. J’ai dû m’arrêter toutes les trois minutes et demi parce que j’avais trop peur (le côté par où je suis passée, c’est des marches jusqu’en haut, et ce n’est pas bien large, mais le temps que je me rende compte que je préférais mourir que continuer, c’était trop tard et regarder en bas pour redescendre était impossible). J’ai terminé mon ascension et je n’en suis pas peu fière. Arrivée en haut je suis tombée sur un groupe de Français et je leur ai demandé par où ils étaient passés. Il m’ont indiqué l’autre versant en me disant que la pente était plus douce et qu’il n’y avait pas de marches. C’est donc le côté que j’ai choisi pour redescendre. Bon, il faut se rappeler que j’ai fait ce voyage en novembre, il faisait froid, il pleuvait un peu et résultat, c’était bien mouillé et boueux partout, quand ça n’était pas gelé. Bref, je suis tombée trois fois en descendant, j’ai cru que je m’étais cassé le gros orteil (mais en fait – spoiler – non).

Un tour à la Scottish National Gallery

Pour continuer ma promenade j’ai fait le tour du parc qui encercle Arthur’s Seat et j’ai vu des cygnes, des canards et, de loin, Calton Hill (la colline que je voulais et croyais même monter, donc, si vous avez suivi). Puis je suis retournée vers le centre, j’ai fait un tour au marché européen de Noël et j’ai filé à la Scottish National Gallery, où on exposait de façon tout à fait exceptionnelle, le fabuleux tableau qu’est The Goldfinch. En vrai j’ai passé cinq minutes devant en lisant sa page Wikipédia pour être sûre de pas rater un truc foufou mais non, c’était bien juste un petit tableau d’un petit oiseau (en trompe-l’œil, certes). J’en ai profité pour faire un tour dans le musée avant qu’il ne ferme et j’ai cherché An Arab Interior d’Arthur Melville, que j’avais découvert lors d’une exposition sur les Préraphaélites à Londres il y a quelques années. Malheureusement, il était rangé. J’ai donc regardé les autres tableaux et j’en ai trouvé quelques jolis. Dont The Entrance to the Cuiraing de Waller Hugh Paton, dont je suis immédiatement tombée amoureuse (j’en possède donc désormais une reproduction). En sortant, comme il faisait évidemment déjà nuit mais que ce n’était pas tout à fait l’heure de dîner, je me suis arrêtée dans un agréable petit bar sur le chemin du restaurant en attendant que ça soit l’heure.

Dîner au Bennets Bar

Pour ce deuxième dîner j’avais sélectionné dans les restaurants conseillés par mon hôtesse le Bennets Bar. Je m’y suis régalée de deux entrées. Sur votre gauche, un ravioli aux graines de pavot fourré de homard fumé au bois de fût de whisky, avec de l’orange et du mascarpone, accompagné de courgette rôtie sur un lit de velouté de fenouil et d’épinards avec une mayonnaise à la bisque de homard (£7.50). Sur votre droite, du pigeon poêlé avec un gnocchi à la truffe, de la purée de panais et betterave et des cacahouètes grillées au safran (£6.95). Oui, je sais, les intitulés sont incroyablement longs. Mais c’était drôlement bon et fin. Et fort goûtu. Ceci dit j’avais un peu la flemme de tout lire alors pour la suite j’ai fait simple : la planche de fromages (Campbelltown loch cheese, Blue murder et Smoke barwheys, avec un chutney maison à la pomme et au gingembre délicieux et des oatcakes, comme il se doit, £6.95) et la crème brûlée au toffee (une sorte de caramel) sur lit de compote de pomme avec du butterscotch, un gâteau de miel et des mûres, £5.95). Tout était délicieux mais j’étais épuisée d’avoir lu tout le menu et aussi d’avoir tant marché et grimpé, alors I called it a night et je suis rentrée regarder un film au chaud dans mon lit. Il s’agissait de bien me reposer car le lendemain je partais pour l’île de Skye, en voiture.

Breakfast au Checkpoint

Avant d’aller chercher la voiture de location pour me rendre à Portree, sur l’île de Skye, il fallait bien sûr prendre des forces (il n’y a pas que la voiture qui avait besoin de fuel, si vous voyez ce que je veux dire), surtout que je m’étais levée tôt pour profiter de la matinée à me promener avant de partir. Pour éviter la déception de la veille, j’ai choisi une des deux adresses conseillées par mon hôtesse, Checkpoint, qui se situe d’ailleurs à deux pas de l’Elephant House (alors si vous décidez de manger dans le coin, autant vous rendre au Checkpoint). C’était trop top ! J’ai pris un Crumpet Benedict avec une sauce hollandaise au curcuma et du bacon (£7.50) mais aussi l’assiette de fromage. Ça disait Isle of Mull cheddar and Stilton blue cheese board, homemade chutney, oatcakes & digestive (le tout pour £7). C’est à peu près là que j’ai commencé à comprendre que quand on prend une assiette de fromage en Écosse on doit sûrement la partager, j’imagine, vu la taille des portions. J’ai donc mangé l’équivalent de six portions de bleu au petit-déjeuner (ce qui ne m’a pas empêché de continuer à commander des assiettes de fromage par la suite, je vous rassure) que j’ai arrosées d’un pot of tea (£1.80). Ensuite pour digérer je suis allée faire un tour dans la ville, acheter des plaids écossais en laine d’Écosse fabriqués en Écosse pour £20 seulement (les mêmes que j’ai trouvés ensuite partout à £75 minimum) sur le marché de Noël (pour mes cadeaux de Noël) et deux-trois autres trucs. Après ça, je suis partie à la gare pour récupérer ma voiture de location et je me suis envolée pour l’île de Skye !