OdinO : la pop symphonique triomphe à Bobino

OdinO : la pop symphonique à Bobino

OdinO : la pop symphonique à Bobino

Le 21 janvier dernier, une amie musicienne m’a proposé des places pour aller voir OdinO, un spectacle de pop symphonique sous la direction de Sylvain Audinovski à Bobino. Évidemment, j’ai dit oui. Et j’y suis allée avec ma cousine. On s’est bien amusées. Et comme c’est jusqu’au 29 avril, vous aussi, vous devriez y aller et vous amuser. 

La musique classique, pour beaucoup, c’est chiant, c’est vieux et daté, c’est ennuyeux et en plus c’est pas marrant. Si c’est ce que vous pensez, alors OdinO est fait pour vous. Mais ce qu’il y a de bien, c’est que si vous pensez tout le contraire, vous devriez aimer ce spectacle également. Le défi est simple : faire découvrir et aimer la musique classique à ceux qui ne la connaissent pas. Sylvain Audinovski, le chef d’orchestre, dirige donc ses musiciens et les fait s’amuser à transposer des classiques de la musique pop en version symphonique. Si vous aimez 2Cellos, vous adorerez OdinO. D’ailleurs, on retrouve Smooth Criminal de Michael Jackson, entre Prokofiev et Schubert, et avant de s’amuser un peu avec Adele, les Daft Punk, Claude François ou encore ABBA. Mais on vibre, aussi, avec Edgar Elgar et Édith Piaf. Bref, en quatre vingt minutes de spectacle, on découvre que le classique est partout et que tout est classique, mais aussi qu’il peut détonner en version électrique. Et comme il s’agit d’un dépoussiérage, en plus, on rigole. Si vous y allez avec vos enfants, ils risquent fort de vous demander des cours de piano, de violon ou de trompette en sortant de Bobino (je vous aurai prévenus). Et pour les amateurs de musique classique, ça change un peu des interprétations sérieuses où on n’écoute que du classique et on apprécie vraiment les interprétations symphoniques de ces morceaux qu’on adore tous (personnellement j’ai eu un gros coup de cœur pour Skyfall, L’Hymne à l’amour et Smooth Criminal.

La cerise sur le gâteau, c’est qu’on voit que les musiciens s’éclatent. Ce n’est pas compliqué à voir : le chef d’orchestre est si talentueux qu’il ne sert pas à grand-chose sur scène (oui, c’est un compliment, parfaitement). Si l’orchestre a eu le temps de répéter correctement, et que le chef d’orchestre a bien fit son travail en amont, alors il devient presqu’inutile sur scène, car l’orchestre a trouvé son harmonie. C’est le cas à Bobino avec ce spectacle musical OdinO. Tout le monde s’amuse et les musiciens semblent si complices qu’on dirait qu’ils ont commencé à répéter ce concert à l’âge de cinq ans (bon, OK, j’exagère peut-être, mais un tout petit peu). Et du coup le chef peut se permettre des fantaisies, du début à la fin du spectacle. C’est réellement agréable à voir.

Petit bémol à déplorer toutefois, au moment de l’inévitable et attendue « battle » entre le classique et l’électrique, lorsqu’une des violonistes traverse la scène pour annoncer les rounds une pancarte à la main – la même pancarte qu’on voit d’habitude dans les mains d’une fille très déshabillée sur un ring de catch. Si encore ce n’était que ça, on pourrait fermer les yeux et oublier. Mais l’orchestre a visiblement pour consigne de signer la damoiselle qui déambule en roulant des hanches. Là pour le coup on est redescendues violemment de notre petit nuage symphonique. Comme si le (double) message, en fait, c’était que les filles, aussi talentueuses qu’elles puissent être, doivent finalement tout à leur physique et que les gens qui ne connaissent pas ou n’aiment pas la musique classique sont de gros beaufs qui boivent de la bière devant le catch et que si on ne leur colle pas un ou deux clichés, ça ne va pas le faire. C’est très dommage. Déjà parce que le catch c’est marrant et qu’on peut aimer ça ET la musique classique (et pourtant ne pas adhérer à la fille presque nue qui trimballe les pancartes). Et ensuite parce qu’on se bat pas mal en ce moment pour éviter la dictature du genre et pour expliquer aux petites filles qu’il y a autre chose comme but dans la vie que de ressembler à une Barbie. En plus, il aurait été si simple de retourner le cliché : pourquoi ne pas confier la pancarte à un garçon, au moins une fois, et lui demander de se déhancher, lui aussi ? Le batteur, par exemple, vu de loin il était bien mignon. Avec ma cousine je crois qu’on aurait bien aimé si il avait agité les pancartes en même temps que son popotin. Et je suis sûre qu’on aurait tous bien rigolé dans la salle.

Voilà. C’était la minute « je râle », même si ça m’ennuie, car j’ai beaucoup aimé ce spectacle et que je remercie encore mon amie de son invitation. OdinO est une belle idée, qui devrait donner à tous les enfants qui le voient l’envie de se mettre à la musique (mais aussi à des adultes, je l’espère). Classique, tant qu’à faire. Parce que le classique c’est la base de tout. Et quand on sait jouer du classique, alors ensuite on peut choisir un style, n’importe lequel, du jazz à la pop, et tout jouer pour faire rêver tout le monde. Mais en attendant de se retrouver soi-même sur scène, il y a la pop symphonique de Sylvain Audinovski à Bobino. Et un album, à acheter absolument (je l’ai mis dans ma playlist du moment, avec Matilda, La La Land, School of Rock, La Belle Hélène et Fantastic Beasts, et ça tourne en boucle !). Pour vous convaincre, il vous suffit de regarder la bande-annonce.

OdinO
Spectacle musical à Bobino
Jusqu’au 29 avril 2017
Du mercredi au samedi à 19h
Durée du spectacle : 1h20
Attention : la salle n’est pas accessible aux enfants de moins de 4 ans
Un album est en vente (et il est super).