Books of 2017 : #3 The Blonde de Duane Swierczynski

The Blonde de Duane Swierczynski - ©Chloé Chateau

The Blonde de Duane Swierczynski – ©Chloé Chateau

Après le fiasco de La Poule borgne, quoi de mieux qu’un vrai bon roman noir, conseillé par la spécialiste de cette catégorie à la librairie L’Arbre à lettres à Paris, à savoir The Blonde de Duane Swierczynski ? « Il est en passe de devenir un classique », m’a affirmé la libraire. Je l’ai choisi pour sa couverture, son titre et son résumé, et je n’ai pas été déçue ! 

Je me promène dans la librairie L’Arbre à lettres à Paris, à la recherche d’un énième exemplaire de Parce qu’ils le méritaient de Peter Swanson (j’ai tellement adoré la version originale, The Kind Worth Killing, l’année dernière, que je l’ai mis dans mon top 15 de 2016 et que je l’offre à tout le monde) quand mon regard se pose sur un livre Rivages Noirs qui s’appelle The Blonde et donc la couverture est illustrée de de trois verres de whisky. Je me dis, « tiens, c’est drôle, ça me rappelle ma propre photo des trois verres de whisky que j’avais postée sur Instagram quand j’avais bu le tout premier whisky de ma vie avec Aaron et Daniel, que je venais tout juste de rencontrer, au bar de l’aéroport de Gatwick, quand j’attendais mon avion pour l’île de Man. » Je retourne le livre pour lire le résumé, et :

« Un soir au bar d’un aéroport, Jack Eisley discute avec une jolie blonde, bien innocemment… Enfin, jusqu’au moment où elle lui glisse : « J’ai mis du poison dans votre verre. » Jack la catalogue parmi les folles et s’en va. Une heure plus tard, conformément aux promesses de la blonde, il commence à se sentir mal. Il n’a plus le choix, il doit la retrouver ! Avec dans la tête cette angoissante question : mais enfin, qu’est-ce qu’elle me veut, celle-là ?

« Pendant ce temps, Kowalski, mystérieux agent secret un rien bizarre, est chargé de subtiliser à titre « d’échantillon » la tête d’un professeur récemment décédé, ce que ne vas pas sans difficultés logistiques – d’autant que la chance n’est pas de son côté. A la croisée des destins de Jack et de Kowalski, une sombre machination scientifico-policière aussi délirante que futuriste.

« Folle nuit cartoonesque à travers Philadelphie, The Blonde est un roman échevelé plein de clins d’oeil au film noir, d’humour décalé et de situations extravagantes qui rappellent furieusement Mort à l’arrivée, le grand classique de Rudolf Maté. »

Ni une, ni deux, j’embarque le livre, la coïncidence est bien trop amusante (vous êtes au courant que je suis blonde ? Non ? Maintenant oui). J’en profite pour demander son avis dessus quand même à la dame et c’est là qu’elle me confirme que c’est un très bon choix et que je vais adorer. Et effectivement, j’ai plutôt bien aimé. C’est complètement barré mais le rythme soutenu et l’absence de temps morts, en plus d’un humour noir et de situations parfois absurdes font qu’on tourne les pages l’une après l’autre sans voir le temps passer.

« Des nanomachines ? « L’Opérateur ? » Les jumelles Olsen ? Un satellite tueur ? Des preuves à San Diego ? De la toxine luminescente ? Elle lui refuse un baiser et propose de lui tailler une pipe juste après ? De quel genre d’escroquerie s’agissait-il ? » (p.90)

Oui, l’histoire est plutôt abracadabrante par moments, mais des détails bien terre-à-terre nous font retoucher le plancher des vaches régulièrement, histoire qu’on ne s’envole pas trop haut quand même. Et entre ce loser de Jack, la blonde tarée (qui en fait a juste besoin d’un peu de sommeil) et ce tueur à gages qui semble sorti de Matrix, on ne peut s’empêcher de s’attacher aux personnages tellement absurdes qu’ils en deviennent convaincants, un peu comme un truc tellement délirant qu’on se dit que ça ne peut pas avoir été inventé. En plus on découvre, sur l’espace d’une nuit, tout Philadelphie (principalement en taxi, ce qui permet de devenir plus que familier avec les systèmes de forfaits), de l’aéroport au Sheraton, en passant par l’hôpital, un club de masturbation pour flics, le métro et un magasin désaffecté de jouets. À la limite de la science-fiction, ce polar rocambolesque vous fera penser à The Kind Worth Killing pour son début (un homme et une femme qui ne se connaissent pas discutent en prenant un verre dans un aéroport) et son rythme effréné. Le petit plus : si la toute fin est un peu niaise, la pré-fin, elle, est particulièrement satisfaisante. Si The Blonde de Duane Swierczynski, n’est pas le meilleur roman noir de tous les temps, il vous fera néanmoins passer un moment très divertissant.