Books of 2017 #7 : La Vérité sur l’Affaire Harry Québert de Joël Dicker

La Vérité sur l'Affaire Harry Québert de Joël Dicker

La Vérité sur l’Affaire Harry Québert de Joël Dicker

Pour quelqu’un qui ne regarde plus la télé depuis des mois et n’écoute France Inter qu’en replay (et euh, soyons honnêtes, hein, quand je dis « France Inter », en vrai je veux dire Nora Hamzawi, Pierre-Emmanuel Barré et Guillaume Meurice), La Vérité sur l’Affaire Harry Québert de Joël Dicker a trouvé son chemin de diverses façon jusqu’à moi. Il était dans ma liste,  ma sœur me l’a offert {attention spoiler} pour Noël {fin du spoiler} et j’avais hâte de l’attaquer. Alors, la sensation littéraire de 855 pages en poche, on en pense quoi ? 

« Si vous mettez le nez dans ce gros roman, vous êtes fichu. Vous ne pourrez pas vous empêcher de courir jusqu’à la six centième page. Vous serez manipulé, dérouté, sidéré, agacé, passionné par une histoire aux multiples rebondissements, fausses pistes et coups de théâtre. » Non, ce n’est pas moi qui l’ai dit, mais Bernard Pivot, placardé sur la quatrième de couv’.

Pour bien faire, je vous mets le résumé. Il est un peu long, mais tant qu’il est plus court que le bouquin itself, ça devrait le faire :

« À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias. Joël Dicker est né à Genève en 1985. La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est son deuxième roman. Il y dépeint une Amérique qu’il connaît bien pour y avoir beaucoup voyagé et longuement séjourné. »

Marcus lutte pour écrire un roman, payé d’avance par son éditeur, avec qui il a un contrat pour cinq livres en tout. En plus de l’histoire policière, La Vérité sur L’Affaire Harry Québert dépeint le monde de l’édition d’une façon peu flatteuse, les « écrivains fantômes », le fait qu’on fasse passer la quantité au-dessus de la qualité, comme dans beaucoup de secteurs désormais… C’est un récit assez affligeant (mais tout du long, Marcus, lui, lutte pour suivre les conseils de son ancien professeur afin d’écrire un « bon » roman. On se demande toutefois quelle ligne de conduite suit Joël Dicker).

Pour être honnête, Bernard Pivot a raison. Jusqu’à la six centième page, tout roule. On se laisse prendre au jeu, on est harponné, on ne lâche pas le livre (je sais de quoi je parles, j’ai fini le livre en trois jours). Mais si Bernard Pivot, « de l’Académie Goncourt », ne nous parle pas de l’après page 600, c’est qu’à partir de là c’est un peu la débandade. En guise de suspense, on a surtout moult revirements de situation qui font penser au départ au dénouement d’un épisode de Castle, avant qu’on se dise que ça part en fait complètement en sucette avec une fin qui aurait été infiniment plus probable si on n’avait pas fait deux cents pages de détours. Dans l’ensemble, La Vérité sur l’Affaire Harry Québert est un livre entraînant, mais laisse un arrière-goût décevant quand on le referme. Or, comme Harry Québert, le professeur de littérature et écrivain génial de l’histoire, le proclame à son élève : « Un bon livre, Marcus, est un livre qu’on regrette d’avoir terminé. »