Photos : réapprendre l’ennui au Pays de Galles

How to get bored in North Wales - Conwy, Llanrwst photos

How to get bored in North Wales – Conwy, Llanrwst photos

Suite et fin aujourd’hui de mes aventures de novembre en Grande-Bretagne (il était temps, j’y suis retournée la semaine dernière et j’ai plein d’autres choses à vous raconter et de photos à vous montrer), avec un week-end au Pays de Galles à la portée assez philosophique (mais au programme somme toute assez, euh… chiant, en fait).

L’année dernière, tout à la fin de mon voyage d’un mois en Grande-Bretagne qui a commencé par un week-end à Lille (histoire de s’acclimater doucement), avant de continuer par du théâtre à Londres, un week-end salvateur sur l’île de Man, encore un peu de Londres (et de théâtre), une semaine en Écosse (Édimbourg, Île de Skye, Oban et Glasgow) et une dernière à Londres, j’ai fini par passer un week-end dans le nord du Pays de Galles. Et j’y ai vécu des trucs un peu farfelus, je vous le dis. Mais je me suis surtout un peu ennuyée. Mais c’était sympa quand même.

Déjà, histoire que vous puissiez situer, j’avais décidé d’aller dans ce salon de thé très joli car recouvert de lierre qui change de couleur selon les saisons à Llanrwst (prononcer Lane-rrouste). Bon, évidemment, c’était pas la meilleure idée du monde d’aller voir la couleur du lierre fin novembre, mais franchement c’était joli quand même. Sauf que Llanrwst c’est pas non plus un endroit où on passe tout un week-end, surtout en hiver, alors j’ai réservé deux nuits sur Airb’n’b à Conwy, où il y a un poil plus de choses à voir (dont un très chouettes château médiéval – enfin des restes, mais c’est drôlement passionnant quand même) et un aller-retour pour Llanrwst le samedi, pour aller déjeuner là-bas le midi et me promener un peu avant de rentrer.

Alors bon, avant d’arriver au nord du Pays de Galles, il faut quand même savoir deux-trois trucs. Déjà on va en train de Londres à Chester, dans le Cheshire (oui, le même que celui du chat dans Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles). Et à partir de là on prend un autre train et c’est la débandade. Parti des gares un peu bien (genre au moins deux quais et deux paires de rails, histoire que les trains ne roulent pas sur les mêmes dans les deux sens), il faut parfois faire signe au conducteur pour qu’il arrête le train (oui, comme au chauffeur de bus – heureusement que le train ne roule pas bien vite, du coup) et même indiquer au contrôleur à quelle gare on souhaite descendre pour qu’il le dise au conducteur si votre arrêt n’est pas considéré comme un « major stop ». Autant dire qu’il faut déjà piger leur accent, choper le contrôleur au vol, espérer qu’il ait le temps de retourner à la locomotive avant votre arrêt qui est dans trois minutes top chrono… Heureusement que les trains sont courts, là-bas. Quand j’ai raconté ça à mon amie galloise (bon, elle habitait à Swansea, donc c’est pas pareil, niveau organisation et infrastructures, hein), elle ne m’a pas crue tout de suite, je crois. En tous cas elle n’avait pas l’air au courant.

Honnêtement je ne me souviens pas de tout ce que j’ai fait lors de ce week-end. J’étais malade, déjà, pas totalement en forme, on était à la presque toute fin d’un voyage d’un mois (mine de rien, les vacances, ça fatigue, surtout lorsque, comme moi, on tend à être un peu ambitieux au niveau du planning), il faisait nuit et froid tout le temps… Bref, je suis restée au chaud le vendredi soir, le samedi je suis allée à Llanrwst, le dimanche j’ai visité le chateau de Conwy et marché un peu (enfin quand je dis un peu, en une heure j’ai fait trois fois le tour de la ‘ville’, hein, ne nous emballons pas) et je suis repartie le lundi (ou le dimanche ? Je sais plus. Le dimanche, je crois. Oui, le dimanche, je m’en souviens, maintenant).

Mais le top du top de l’ennui c’était le samedi. J’avais pris Switch Bitch de Roald Dahl avec moi pour le train (une demi-heure environ, une heure aller-retour, quoi). Eh bien ça n’était pas assez. Parce que j’ai lu un peu pendant le déjeuner au Tu Hunt I’r Bont Tearoom de Llanrwst (le fameux, où je me suis un peu sentie poussée vers la sortie à la fin, d’ailleurs, alors que la salle était à moitié vide), mais même en lisant, ça n’a pas pris plus d’une heure, hein. Alors après j’ai voulu faire le tour du village. Ça m’a pris quinze minutes. Alors je me suis dit que je n’avais qu’à reprendre le train pour Conwy et aller plutôt faire des trucs là-bas. Mais il n’y avait pas de train avant 15h30 (celui que j’avais réservé, donc). Alors j’ai dû trouver comment tuer trois heures.

Je suis allée faire la petite promenade le long de la rivière (pas terrible, salle, des déchets, pas entretenu sur l’autre berge, pas de vue spectaculaire parce que bon c’était que de l’herbe, quand même) qui est principalement utilisée par les gens qui promènent leur chien. Je l’ai faite dans les deux sens avant d’y retourner un dernier coup et de m’installer, au bout d’une petite demi-heure de marche (j’y allais très, très lentement, histoire de faire durer le plaisir), sur un banc et de lire. J’ai presque fini mon livre avant de sentir que je me transformais en glaçon alors je suis repartie vers le centre-ville (ahah quel humour, n’est-ce pas ?) où j’avais remarqué un autre salon de thé-antiquaire où je me suis installée pour boire un thé (en sachet, hein) et prendre une tranche de gâteau pas terrible. J’y ai fait le tour des ‘antiquités’ et déniché un petit cadeau pour ma mère et ma sœur pour Noël et je me suis rassise pour fixer les poissons jusqu’à ce qu’il soit l’heure de repartir enfin (je voulais quand même garder quelques pages de lecture pour le train). En vrai, j’avais un peu envie de tout acheter – déjà parce que c’était pas cher, mais aussi parce que je me disais que ça leur prendrait du temps de tout emballer et que ça m’occuperait de les regarder.

Le lendemain a été un poil plus occupé mais pas tant que ça non plus. Le chateau de Conwy est vraiment intéressant à visiter (mais attention ne nous emballons pas, il en manque des bouts qui n’ont pas tout à fait tenu la distance, hein. Genre y’a les murs – parfois – mais pas les plafonds, par exemple). J’ai tenu absolument à grimper en haut d’une tour et à marcher le long des remparts – quelle EXCELLENTE idée lorsqu’on souffre, comme moi, de la peur du vide ! Quand je suis enfin redescendue je ressemblais à la petite de L’Exorciste pendant l’exorcisme et il m’a fallu un bon quart d’heure avant de pouvoir me remettre en route). Et le soir-même j’avais pourtant noté le nom d’un restaurant apparemment sympa mais honnêtement j’avais tellement la flemme que je me suis sustentée des biscuits fournis dans ma chambre par mon hôtesse. Bref, pas le week-end le plus fou du monde, hein. C’est un concept, ceci dit. Comme je l’ai exprimé sur le moment, j’ai ‘réappris l’ennui. Philosophiquement, c’est intéressant, sinon, pas vraiment’.