Books of 2017 #9 : Jukebox Motel de Tom Graffin

Jukebox Motel de Tom Graffin

Jukebox Motel de Tom Graffin

Avec Jukebox Motel de Tom Graffin j’ai terminé il y a peu la sélection de romans français que j’avais choisis au salon du Mans et qui, disons-le franchement, m’a redonné foi en la littérature française. 

J’avoue, j’avoue, ces dernières années j’avais viré doucement mais sûrement vers la littérature anglo-saxonne en VO avec ses page-turners. Il faut dire que la littérature, c’est un peu comme les séries télé : soit on va à la source et on est à jour soit on attend un an et demi, voire plus, et on finit par se faire spoiler en attendant la traduction. En plus les titres sont mal traduits (The Truth According to Us qui devient Le Secret de la fabrique de chaussettes inusables, vous n’allez pas me dire que c’est une bonne idée ?), les couvertures françaises sont nazes en comparaisons des originales… Et en plus c’est en anglais qu’écrivent Peter Swanson et Gillian Flynn. Mais à La 25e heure du Mans en septembre dernier, j’ai décidé de ne pas rester idiote et de me choisir quelques romans français. Je suis repartie avec l’excellent Ric-Rac d’Arnaud Le Guilcher, l’envoûtant Dans le jardin de l’ogre de Leïla Slimani, l’étonnant Marguerite n’aime pas ses fesses d’Erwan Larher et le fabuleux Jukebox Motel de Tom Graffin.

Parolier, Tom Graffin signe avec Jukebox Motel un premier roman bluffant, entraînant et impossible à lâcher avant la fin. On est en 1967, Thomas Shaper, qui vient de toucher un cachet impressionnant pour deux tableaux de son exécution, traverse les États-Unis et atterrit dans un bar de Los Angeles où il se retrouve à discuter avec Johnny Cash. Le chanteur rêve d’un endroit à l’écart du cirque de la vie, un endroit où il pourrait retrouver le plaisir de chanter au calme. Thomas s’engage à lui trouver cet endroit et va donner naissance au Jukebox Motel où vont se succéder les rock stars les plus en vue des années 60 pour y retrouver la vie, l’énergie, l’inspiration.

Une histoire qui fait déjà bien envie mais ce qui fait que ce livre nous tient en haleine, c’est son rythme, son phrasé, son humour et sa tendresse. On déménage pendant la lecture au Jukebox Motel, on s’inspire de ses habitants et de ses visiteurs, on se prend à faire partie de cette vie inventée par Tom Graffin. J’ai dévoré Jukebox Motel en une soirée, tout en écoutant en boucle les deux chansons qui composent sa bande originale, disponible sur le site du livre. Pendant ces quelques heures grisantes, j’ai voyagé, j’ai rêvé et j’ai refermé le livre en ayant une furieuse envie d’écouter Johnny Cash, Bob Dylan et le King. Vivement le deuxième roman de Tom Graffin (avec une couverture aussi géniale que celle du premier).