Dégustation : les Darjeeling First Flush 2017 de Dammann Frères

Dégustation de Darjeeling First Flush 2017 Dammann Frères ©Chloé Chateau

Dégustation de Darjeeling First Flush 2017 Dammann Frères ©Chloé Chateau

Reprise en douceur du blog après une longue interruption avec une dégustation d’exception : trois Darjeeling First Flush 2017 de Dammann Frères. 

Oui je sais, ça fait drôlement longtemps que je n’étais pas venue vous parler. Je faisais un long break et maintenant ça va mieux ! Je redémarre doucement le blog avec cette note spéciale : Dammann Frères m’a fait parvenir le mois dernier trois échantillons de ses Darjeeling First Flush de ce printemps et je les en remercie chaudement (genre au moins 85°C). J’ai mis le temps, mais je les ai enfin testés et me voici pour vous en parler (on est encore au printemps, je ne suis donc pas hors-sujet). Pour ma défense, ce genre de thés, ça ne se goûte pas à l’arrache, ça demande du temps et de l’attention.

Si le Darjeeling est le champagne du thé, les First Flush (premières récoltes) sont parmi les thés les plus rares et les plus recherchés au monde. Je vous en avais déjà parlé lorsque j’en avais goûté pour la première fois lors du Dammann Day avec d’autres blogueurs. Étrangement, je n’avais pas accroché plus que ça. Les Darjeeling de premières récoltes ont des notes souvent très fraîches et végétales plus proches de celles qu’on trouve dans le thé vert que de celles du thé noir. Or je n’aime pas vraiment le thé vert. Mais c’est avec plaisir que j’ai accueilli cette possibilité de m’y essayer à nouveau — comme pour le vin, le thé, et surtout le Darjeeling, c’est une question de jardin, de plantation, de processus de fabrication. On peut en goûter des dizaines et aucun n’aura le même goût — ce qui veut également qu’il peut y en avoir pour tous les goûts. Y compris pour moi qui préfère les Darjeeling d’été, voire d’automne.

Au menu de cette dégustation, trois Darjeeling First Flush 2017, donc : le Darjeeling F.T.G.F.O.P. Badamtam (49€/100g), le Darjeeling S.F.T.G.F.O.P. North Tukvar (26€/100g) et le Darjeeling S.F.T.G.O.P. Singtom (32€/100g). C’est ce dernier qui a eu ma préférence, même si le North Tukvar le talonne de très près. J’ai vraiment aimé ces deux thés alors que j’avoue n’avoir pas apprécié outre mesure le Badamtam (alors qu’avec son nom et son aspect, c’était mon favori avant la dégustation).

Mon préféré de ces trois thés a donc été le Darjeeling S.F.T.G.O.P. Singtom First Flush, un jardin très réputé. Je l’ai fait infuser trois minutes dans une eau à 85°C et j’ai obtenu une liqueur jaune foncé aux légers reflets verts au goût léger, boisé et terreux, avec une amertume presqu’imperceptible et une très légère astringence. Parmi les notes fraîches végétale j’ai détecté des notes chaudes de fruits secs et compotés.

C’est après de dures délibérations intérieures que je n’ai donné « que » la deuxième place dans mon cœur au Darjeeling S.F.T.G.F.O.P. North Tukvar First Flush, que j’ai également fait infuser trois minutes dans une eau à 85°C. Il est selon moi celui qui ressemble le moins à un thé vert — à la dégustation on sent que c’est un thé noir, ce qui n’est pas le cas pour tous les Darjeeling First Flush, surtout quand on n’est pas particulièrement initié à cette sorte de thé. Les feuilles infusées diffusaient pourtant une odeur végétale fraiche, mais la liqueur jaune doré livrait des notes légèrement torréfiées et d’autres fruitées, notamment de châtaigne, comme un doux oolong. On sentait bien le goût distinctif du Darjeeling et si il y avait en fin de bouche une très légère astringence, je n’y ai pas trouvé l’amertume qu’on trouve généralement dans ces thés de printemps et qui me déplaît. Bref, j’ai découvert — à mon assez grande surprise — un Darjeeling de première récolte qui m’a beaucoup plu. À noter que ce lot de 100 kilos a nécessité près de 680 kilos de feuilles fraîches récoltées en mars.

Enfin, j’ai placé le Darjeeling F.T.G.F.O.P. Badamtam First Flush en bas du podium, malgré son nom rigolo. Pour les gens qui aiment le Darjeeling First Flush sous toutes ses coutures et le thé vert, notamment japonais, ça doit être une vraie merveille. Malheureusement, ce n’est pas ma tasse de thé (ahah) à moi. D’aspect, ce thé ressemble à un thé blanc, avec ses feuilles vert pâle duveteuses et sa liqueur (après infusion de trois minutes dans une eau à 85°C) très pâle. On détecte des odeurs très végétales qu’on retrouve en bouche. C’est un thé très herbacé mais léger, qui n’agresse pas. Je n’ai d’ailleurs pas détecté d’amertume. Une très, très légère astringence, toutefois, mais à condition de le garder longtemps en bouche. Je l’ai goûté à nouveau froid et j’ai pu cette fois mieux trouver à quelle infusion il me faisait penser, à mi-chemin entre la verveine et le tilleul.